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Édition numéro 31 - 22 juin 2010

Réseau Aquaculture Québec (RAQ) et Centre de la science et de la biodiversité du Québec (CSBQ)  

L’ENSEMENCEMENT MASSIF DES TRUITES MOUCHETÉES : UN EFFET IMPORTANT SUR LEUR DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE

L’ensemencement massif de la truite mouchetée, aussi appelée l’omble de fontaine, fait le bonheur d’un demi-million de pêcheurs sportifs au Québec. En 2009, près de 335 000 truites mouchetées ont été introduites par ensemencement dans les lacs québécois. Mais quel est l’impact de cet ensemencement massif sur l’intégrité génétique des populations de truites que l’on retrouve dans nos lacs? Une équipe de biologistes de l’Université de Sherbrooke, sous la direction de Dany Garant, membre du RAQ et du CSBQ, a entrepris de répondre à cette question en analysant les données génétiques de quelques 2 000 truites mouchetées prélevées dans 24 lacs des réserves fauniques de Portneuf et de Mastigouche. Les résultats de l’étude publiée en mai dans Molecular Ecology montrent que, dans les lacs fortement ensemencés, il y a une modification importante à court terme de la diversité génétique des populations naturelles.

Amandine
L'étudiante au doctorat Amandine Marie qui participe au projet vient d'attraper un omble de fontaine.

 

 

La diversité génétique qui décrit le niveau de variétés des gènes au sein d’une même espèce constitue un aspect essentiel de la biodiversité. « Nos travaux permettent de mieux comprendre le niveau d’échanges génétiques entre les populations sauvages et domestiques en fonction du niveau d’ensemencement et de certains facteurs environnementaux, explique Dany Garant. Comme les truites domestiquées se reproduisent entre elles en captivité, elles partagent le même patrimoine génétique. Les lacs non ensemencés présentent donc des populations dont le patrimoine génétique est beaucoup plus varié. »

Les chercheurs ont observé que plus les lacs étaient ensemencés, plus le taux d’hybridation, ou croisement, était élevé entre les populations sauvages et domestiques. « La modification de la diversité génétique enregistrée ici suggère une diminution du potentiel d’adaptation et d’évolution naturelle de l’espèce », précise M. Garant.

Pour mener l’étude, l’équipe sherbrookoise à laquelle participait Louis Bernatchez, professeur à l’Université Laval et membre du RAQ, a documenté l’ampleur des différences génétiques entre les populations d’élevage et les populations sauvages à l’aide de marqueurs moléculaires (microsatellites). Les chercheurs ont ensuite évalué le niveau d’hybridation entre poissons domestiques et sauvages à la suite des ensemencements. Ils ont enfin associé la variation des niveaux établis avec l’historique des ensemencements et l’hétérogénéité environnementale.


« Il s’agit de la première étude du genre, mais non la dernière, note Dany Garant. Nous travaillons en effet à développer une approche qui permettra de prédire les impacts biologiques des ensemencements chez les salmonidés. Étant donné la portée éventuelle de nos travaux sur les pratiques d’ensemencement dans les lacs, il est important de comprendre dans le détail ce phénomène de modification de la diversité génétique. » Cela va de soi quand on sait que l’omble de fontaine est l’espèce la plus utilisée pour soutenir l’offre de pêche sportive et l’industrie récréo-touristique qui en découle au Québec. 

Pour information

Monsieur Dany Garant
Département de biologie
Université de Sherbrooke
Membre du RAQ et du CSBQ
Téléphone : 819 821-8000, poste 63198
Courriel :

 

Projet de recherche en équipe

UNE MODÉLISATION DE LA VARIABILITÉ SOLAIRE POUR MIEUX PRÉDIRE LE CLIMAT

Dans un contexte où règnent bien des incertitudes sur le réchauffement climatique, de nombreux chercheurs à travers le monde, physiciens, chimistes et spécialistes du climat, tentent d’y voir plus clair. Ainsi, plusieurs équipes sont actuellement à pied d’œuvre pour relever le défi visant à mieux comprendre les effets de la variabilité des rayons solaires sur le climat et sa possible interaction avec les gaz à effet de serre.  Une équipe multidisciplinaire québécoise regroupant des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université de Montréal figure parmi le peloton de tête de la recherche en ce domaine. Dirigée conjointement par Michel Bourqui et Paul Charbonneau, l’équipe a réalisé une avancée remarquable grâce à la mise au point d’un modèle capable de représenter de façon précise la variabilité de l’activité solaire sur plusieurs siècles, et son effet sur l’atmosphère.

soleil
Une image illustrant l'émission du soleil dans l'UV.

Ces travaux de modélisation numérique de la variabilité solaire sont orientés principalement vers la stratosphère, cette couche de l’atmosphère qui contient la couche d’ozone, à environ 20 km d’altitude. « La stratosphère est un maillon clé dans la chaîne des changements climatiques, souligne Michel Bourqui, professeur à l’Université McGill. Cette couche très dynamique de l’atmosphère est reconnue pour avoir un impact, bien que complexe, sur notre climat. De plus, la stratosphère absorbe les rayons UV provenant du soleil et protège ainsi la surface de la Terre, tout en laissant passer suffisamment de rayons UV pour assurer le nettoyage de la troposphère par la photo-oxydation d’une majeure partie des molécules chimiques et des polluants émis au sol. »

La variabilité solaire s’étend sur des échelles de temps allant de quelques heures jusqu'à des décennies. Cette variabilité est directement reliée à l’activité magnétique du soleil dont les taches solaires sont un indicateur facilement observable. Un cycle d’activité solaire typique peut entraîner une variabilité de 5 à 10 % des rayons UV avec un impact significatif sur la production d’ozone dans la stratosphère.


« La partie de l’équipe que je dirige à l’Université de Montréal travaille à recréer la variabilité solaire des derniers siècles en lien avec le cycle d’activité magnétique, précise Paul Charbonneau. Notre approche est basée sur un modèle physique simple plutôt que sur des corrélations statistiques, ce qui permet une reconstruction physiquement fiable de la variabilité solaire durant les siècles passés. Ce modèle est capable de reproduire de façon très précise ce que les satellites mesurent, en particulier les variations dans les rayons UV. Les données satellites des 30 dernières années ont permis de calibrer le modèle qui peut être projeté dans le passé autant que dans le futur. C’est là un progrès marquant. »

L’autre partie de l’équipe, rattachée à l’Université McGill, s’intéresse aux processus chimiques et physiques qui ont lieu depuis le sol jusqu’au sommet de la stratosphère. Elle a ainsi développé un modèle climat-chimie unique par sa performance qui permet de représenter l’impact de la variabilité solaire sur la stratosphère et de simuler plusieurs siècles dans le passé et dans le futur. « Ce modèle prédictif très récent nous place à l’avant-garde de ce qui se fait en matière de modélisation du climat-chimie, ailleurs dans le monde », fait valoir Michel Bourqui.

La combinaison du modèle solaire avec le modèle atmosphérique permet de percevoir avec plus de précision les changements très sensibles reliés à l’effet de la variabilité solaire sur le réchauffement du climat. « Nous apportons ainsi notre brique à une meilleure compréhension de l’activité solaire sur l’atmosphère, en particulier sur la stratosphère. À terme, c’est toute la science du climat qui va en bénéficier », affirme le chercheur.

Pour information

Monsieur Michel Bourqui
Professeur et chercheur
Département des sciences
atmosphériques et océaniques
Département de chimie
Université McGill
Téléphone : 514-398-5450
Courriel :


 

Monsieur Paul Charbonneau
Professeur et chercheur
Département de physique
Université de Montréal
Téléphone : 514 343-2300
Courriel :   

 

 

Centre de recherche en électronique radiofréquence (CREER)

UN NOUVEAU CIRCUIT DE RADIO SUR FIBRE POUR DES COMMUNICATIONS SANS FIL PLUS PERFORMANTES

Au cours des dernières années, des progrès substantiels ont été enregistrés dans le domaine des communications sans fil et optiques. Dans un contexte où les réseaux de télécommunications requièrent une combinaison de la mobilité et du haut débit, la technologie de radio sur fibre apparaît comme une solution à large bande intéressante et rentable. Les réseaux à fibre optique consituent donc une solution attrayante pour le transport de signaux radio. Mais la technologie de radio sur fibre présente toutefois certains problèmes, notamment de distorsion et de linéarisation à large bande, qui doivent être réglés avant d’arriver à des solutions performantes et commercialisables. Des chercheurs du CREER, Yiming Shen, Xiupu Zhang et Bouchaib Hraimel, de l’Université Concordia, ont entrepris de relever le défi et ont mis au point un nouveau circuit de radiofréquence (RF) avec pré-distorsion à large bande, pour lequel un brevet vient d’être déposé.

« Dans la technologie de radio sur fibre, le signal optique est directement modulé par le signal RF par l’entremise d’un modulateur électro-optique. Or, ce modulateur génère des produits de distorsion (non linéaires) qui perturbent et brouillent le signal. Par conséquent, une technique de linéarisation à large bande s’avérait nécessaire pour corriger le signal. Jusqu’à maintenant, les techniques analogiques de linéarisation étaient difficiles à appliquer à cause de la largeur de bande », explique Bouchaib Hraimel qui dirige le laboratoire des systèmes photoniques avancés à l’Université Concordia.

L’équipe de chercheurs a tenté différentes approches. Au départ, les résultats n’étaient guère concluants, soit que la méthode était inefficace ou trop chère ou encore très complexe et limitée en largeur de bande. Et finalement, eurêka!  

« Nous avons développé un nouveau circuit RF à faible coût et à large bande qui génère une pré-distorsion pour compenser la distorsion produite par le modulateur, souligne le chercheur. Nous avons ainsi obtenu de très bons résultats en corrigeant les non-linéarités du modulateur électro-optique. Ce circuit innovateur est parfait pour la transmission de signal RF ultra-large bande par fibre optique. Il est de plus conçu pour n’importe quelle bande de fréquence et peut s’adapter à un système avec multiservice. »

Une innovation dont on n’a pas encore, semble-t-il, exploité tout le potentiel. « En fait, bien que les possibilités d’utilisation de ce circuit soient très grandes, nous pouvons encore l’améliorer afin de l’adapter à d’autres bandes de fréquence, précise M. Hraimel. Il serait possible de multiplier par dix la puissance actuelle. Cela pourrait très bien convenir, par exemple, pour les amplificateurs de très haute puissance et à large bande. »

Ce circuit à la fine pointe de la technologie est le fruit d’une collaboration entre l’Université Concordia et l’École Polytechnique de Montréal. Très dynamique, l’équipe du CREER a aussi développé un partenariat avec la Chine dans le cadre de ses recherches sur l’électronique radiofréquence. « Nous avons établi des liens de collaboration très prometteurs avec nos vis-à-vis chinois. Nous avons produit ensemble quelques publications et nous procédons même à des échanges d’étudiants, ce qui ouvre des perspectives nouvelles. Globalement, ce partenariat a donné lieu jusqu’à maintenant à un partage d’idées très fructueux », conclut le chercheur. Parions que le meilleur reste à venir!

Pour information

Monsieur Bouchaib Hraimel
Laboratoire des systèmes photoniques avancés
Département de génie électrique et informatique
Université Concordia
Membre du CREER
Téléphone : 514 848-2424, poste 7194
Courriel :

 

 

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